Si tu as entre 12 et 18 ans
Pour toi
Cette page est écrite pour toi, pas pour tes parents. Elle ne va pas te faire la morale, ni te dire de fermer tes applis. Elle te donne six phrases à reconnaître, et quoi faire si l'une d'elles t'est déjà arrivée.
Une seule chose à retenir
Peu importe qui te parle. Un inconnu, quelqu'un de ta classe, un adulte que tu connais depuis toujours, quelqu'un de ta famille.
Ce qui compte, c'est ce qu'on te dit. Si tu entends une des phrases ci-dessous, ça doit faire tilt — même si la personne est sympa, même si tu la connais bien, même si jusque-là tout allait bien.
On te répète souvent « méfie-toi des inconnus ». Le problème, c'est que la plupart du temps ce n'est pas un inconnu. Et en ligne, quelqu'un qui a 40 ans peut très bien t'écrire qu'il en a 14.
Les six phrases
Aucune n'est un jeu. Chacune sert à quelque chose.
C'est entre nous, le dis pas à tes parents.
C'est la plus importante des six. Un adulte qui te demande de cacher quelque chose à tes parents n'a aucune bonne raison de le faire. Aucune.
Je t'offre des Robux.
Des Robux, des V-bucks, des skins, un abonnement, de l'argent. Un cadeau crée une dette — et c'est exactement à ça qu'il sert. Ce qui vient après, c'est « maintenant tu me dois bien quelque chose ».
On continue sur Snap, en privé.
Quitter un endroit où d'autres peuvent voir pour un endroit où personne ne voit. Quelqu'un qui n'a rien à cacher n'a pas besoin de te faire changer d'application.
T'es pas comme les autres. Tes parents te comprennent pas.
Ça fait plaisir à entendre, et c'est fait pour. Le but est de te séparer des gens autour de toi, pour qu'il ne reste que cette personne à qui parler.
Je t'ai envoyé une photo. À toi maintenant.
Ça commence toujours par quelque chose d'anodin, et ça monte d'un cran à chaque fois. Tu n'as jamais à rendre quoi que ce soit.
C'était juste une blague, t'es choqué ?
Une remarque un peu limite, lâchée pour voir comment tu réagis. Si tu ris ou si tu ne dis rien, ça continuera. Ce n'est pas un test que tu dois réussir.
Est-ce que ça t'est déjà arrivé ?
Il n'y a pas de score, pas de résultat, rien à valider. Juste des questions, et quoi faire selon ta réponse.
Quelqu'un t'a demandé de garder un secret vis-à-vis de tes parents ?
Parles-en à un adulte en qui tu as confiance, aujourd'hui. Tu n'as pas besoin d'être sûr que c'est grave. Tu n'as pas besoin de preuve. Le simple fait qu'on t'ait demandé de te taire suffit à en parler.
Quelqu'un t'a demandé une photo ?
Tu n'es pas obligé. Tu ne dois rien à personne, même si on t'a offert quelque chose, même si tu as dit oui avant, même si vous vous parlez depuis longtemps.
Ensuite, dans cet ordre : garde la conversation, signale le compte, et bloque seulement après. Sur certaines applis — Snapchat notamment — bloquer fait disparaître la discussion, et c'est justement elle qui pourrait te défendre.
Où cliquer pour signaler, appli par appli
Tu as déjà envoyé quelque chose et tu le regrettes ?
Ce n'est pas ta faute. Et il n'est pas trop tard.
C'est la seule phrase de cette page qu'on aimerait que tu retiennes par cœur. Celui qui te fait peur compte précisément sur le fait que tu aies trop honte pour en parler. C'est comme ça que ça marche — et c'est comme ça que ça s'arrête.
Ne réponds pas. Ne paie jamais, ça n'arrête rien et ça recommence. N'efface pas la conversation, c'est ce qui pourra te défendre — et ne bloque qu'après l'avoir signalée. Puis parle à quelqu'un aujourd'hui : un adulte de confiance, ou le 147, qui répond jour et nuit, gratuitement.
Quelqu'un te met mal à l'aise, mais rien de précis ne s'est passé ?
Ça suffit pour en parler. Tu n'as pas à attendre que ça devienne « assez grave ». Un malaise n'a pas besoin d'être justifié.
Tes trois adultes de confiance
Prends trente secondes, maintenant, et pense à trois adultes précis à qui tu pourrais parler. Pas « un adulte » en général — trois personnes, avec leur prénom.
Un parent, un grand frère ou une grande sœur, une tante, un prof, l'infirmière de ton école, un entraîneur, les parents d'un ami. Trois, parce que le jour où tu en auras besoin, la première ne sera peut-être pas là — ou ce sera peut-être elle le problème.
Si tu n'arrives pas à en trouver trois, ce n'est pas grave et ça arrive. Le 147 compte comme l'un des trois.
À qui parler, tout de suite
147 — tu peux appeler, envoyer un SMS ou discuter par chat. Jour et nuit, gratuit, et ça n'apparaît sur aucune facture de téléphone. Ce sont des professionnels, ce n'est pas la police, et ils ne préviennent personne à ta place.
ciao.ch — si tu préfères écrire et prendre ton temps. Tu poses ta question, un professionnel te répond. Anonyme.
117 — si quelque chose est en train de se passer, là, maintenant.
Tous les services, avec les horaires
Une dernière chose.
Personne ne va te confisquer ton téléphone parce que tu as parlé. Ce n'est pas ce qui protège, et ce n'est pas ce qu'on cherche à faire.
Pourquoi cette page peut encore changer
Cette page s'adresse directement à des adolescents, et personne d'extérieur ne l'a encore relue. Un ou une psychologue de l'enfance doit vérifier que chaque formulation protège au lieu de blesser — en particulier pour quelqu'un qui a déjà vécu quelque chose. Un ou une pédagogue doit vérifier qu'elle est juste pour l'âge visé. Tant que ce n'est pas fait, elle est publiée sous cette réserve, et nous préférons l'écrire plutôt que de faire comme si.
Nous n'avons volontairement rien écrit ici pour les moins de douze ans : à cet âge, ce n'est pas un site qu'il faut, ce sont des adultes qui expliquent. Ces supports-là existeront, et ils seront relus avant.