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Pour les parents
Trois choses utiles : comment ouvrir la conversation, quoi faire si vous découvrez quelque chose, et la vérité sur ce que les contrôles parentaux protègent réellement.
Ce que les outils ne feront jamais à votre place
Commençons par là, parce que c'est ce qui compte le plus. Nous détaillons plus bas les réglages qui servent, et ils servent vraiment. Mais aucun d'eux ne détecte une sollicitation.
La mise en confiance se fait par du texte, dans une conversation privée — et aucun contrôle parental ne lit les messages privés. Ni sur iPhone, ni sur Android.
Ce qui protège réellement un enfant, c'est qu'il sache qu'il peut vous le dire sans être puni.
Un enfant qui craint de perdre son téléphone ou d'être grondé se taira. C'est exactement là-dessus que compte celui qui l'aborde.
Ouvrir la conversation
Quelques principes qui valent à tout âge.
- Ne commencez pas par une alerte. Demandez à quoi il joue, avec qui il parle, ce qui est drôle en ce moment. On entre par l'intérêt, pas par la peur.
- Dites la phrase à l'avance, avant que quoi que ce soit n'arrive : « si quelqu'un te met mal à l'aise, tu peux me le dire, et tu ne perdras pas ton téléphone ». Elle mérite d'être répétée.
- Nommez le signal, pas la personne. Un adulte qui demande de garder un secret vis-à-vis de vous, c'est le marqueur le plus fiable qui existe. Cela se dit simplement, et très tôt.
- Ne promettez pas la surveillance. « Je regarderai ton téléphone » ferme la conversation pour longtemps et pousse l'enfant à mieux cacher.
Les formulations précises par tranche d'âge — ce qu'on dit à huit ans, à douze, à seize, et ce qu'il ne faut surtout pas dire — doivent être écrites et validées par un ou une pédagogue et un ou une psychologue de l'enfance. Nous ne publierons pas de scripts avant.
Si vous découvrez quelque chose
Les gestes immédiats sont détaillés sur une page dédiée, et ils méritent d'être lus avant d'agir.
Quatre points propres aux parents
Ne confrontez pas votre enfant avec colère. Il a probablement honte, et souvent peur d'avoir « fait quelque chose de mal ». La première phrase compte plus que toutes les suivantes : ce n'est jamais sa faute, et il n'est jamais trop tard.
Ne contactez pas la personne. Ni pour comprendre, ni pour menacer. Vous risquez de la faire disparaître, de détruire des éléments utiles, et de vous exposer vous-même.
Vous n'avez pas besoin de porter plainte pour que ce soit poursuivi. Les infractions sexuelles contre un mineur se poursuivent d'office : dès que la police en a connaissance, elle agit. Le signalement suffit à déclencher.
Le dépôt de plainte en ligne ne couvre pas ces situations. Dans le canton de Vaud, il est réservé au vol simple et aux dommages à la propriété. Ici, on se rend dans un poste de police — ou on appelle le 117 en cas d'urgence.
Pour un enfant mineur, c'est le représentant légal qui dépose plainte. Si la personne mise en cause a elle-même moins de dix-huit ans, l'affaire relève du Tribunal des mineurs.
Les réglages : ce qu'ils font, et ce qu'ils ne font pas
Ils sont utiles. Ils ne sont pas ce que la plupart des parents croient.
Sur iPhone — Temps d'écran
Vous y trouverez les restrictions de contenu et de confidentialité : filtrage web, applications, achats intégrés, limites de communication. Le tout verrouillé par un code distinct de celui du téléphone.
Apple propose aussi une fonction appelée Sécurité des communications, qui détecte les images contenant de la nudité dans Messages, FaceTime, AirDrop et le partage de photos. L'analyse se fait sur l'appareil : Apple ne reçoit rien.
Ce qu'il faut absolument savoir : cette fonction avertit l'enfant, pas vous. Aucune notification ne vous est envoyée. Un parent qui la croit alarmante pour lui-même se trompe.
Elle ne couvre par ailleurs que les images. Une sollicitation par texte — la mise en confiance, la demande d'âge, l'invitation à passer sur une autre application — n'est pas détectée. Et les applications tierces qui gèrent leurs propres médias y échappent largement.
Sur Android — Family Link
Temps d'écran, horaires, limites par application, filtres sur les services Google, localisation de l'appareil.
La limite la moins connue et la plus décisive : à partir de l'âge du consentement numérique — treize ans en l'absence de règle nationale spécifique — un adolescent peut décider lui-même de sortir de la supervision. Vous en êtes informé, vous ne pouvez pas l'empêcher.
Family Link ne montre par ailleurs aucun contenu de message. Les filtres ne s'appliquent qu'aux services Google : un autre navigateur, un jeu avec discussion intégrée, la tablette du salon ou le téléphone d'un ami sortent entièrement du périmètre.
La phrase à retenir pour les deux systèmes.
Ces outils gèrent le temps et l'accès aux contenus publics. Ils ne surveillent pas les conversations privées — précisément le lieu où la sollicitation se produit.
Les libellés exacts de ces réglages changent à chaque version des systèmes d'exploitation. Ceux mentionnés ici ont été relevés en août 2026 et doivent être revérifiés périodiquement sur un appareil réel.
À qui parler, vous
Une confusion fréquente mérite d'être levée : le 147 de Pro Juventute est la ligne des jeunes. Votre enfant peut l'appeler gratuitement, à toute heure, de manière confidentielle. C'est précieux le jour où il ne se sent pas de vous parler directement, et cela ne signifie pas qu'il vous exclut.
Pour vous, Pro Juventute exploite une ligne distincte, Conseils aux parents, également gratuite.
Et si votre enfant est victime, sachez que les centres LAVI vous accueillent vous aussi : leurs prestations — soutien psychologique, juridique et financier — sont gratuites et ouvertes aux proches, pas seulement à la victime. Beaucoup de parents l'ignorent et affrontent seuls ce qui les dépasse.